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21 - أكتوير - 2017


Kenza Sefrioui:

Fatiha Morchid fait surgir de sa plume-pinceau des pépites de sentiments.
«Quel est ce noir que tu caches ô arc-en-ciel ?», paru chez Marsam en édition bilingue, est le quatrième recueil de poèmes de Fatiha Morchid. La poétesse écrit un arabe très pur, traduit par Abderrahman Tenkoul, qui a rendu avec beaucoup de délicatesse ces pages où l’encre jaillit, rare, sur la blancheur du papier, pour y faire fleurir les couleurs de l’intimité. Le recueil est dédié «à ceux qui habillent/ notre désarroi / de couleurs», dédicace appuyée par une citation de Picasso : «S’il n’existait qu’une seule vérité, on ne pourrait peindre des centaines de tableaux sur un même sujet».

C’est d’amour qu’il est question dans ce livre. D’un amour vécu à travers des moments, des éclats d’une vérité forcément fragmentaire, surgissant d’une histoire qui pourrait être particulière mais tout aussi bien emblématique de toutes les histoires. Le point de vue est celui d’une amoureuse aux prises avec une passion dont le havre de paix est une improbable réciproque : «Bohémienne/Je suis/En quête de bordures/Pour contenir ma beauté/Que m’importe/La laideur du mur», mais «Comment transmettre / Ma folie / A celui qui professe / La folie ?» et «Il reformule / D’anciennes questions / A l’aide d’un nouveau pinceau / Que les réponses indiffèrent». Avec subtilité, elle traque au détour de chaque phrase le jeu de miroir non réfléchissant entre les deux êtres, le décalage, le partage, l’union, l’euphorie et la déception, l’espoir et la résignation, le désir et l’incompréhension…

La couleur est l’élément majeur de ce jeu d’ombres et de lumières. Elle accompagne les sentiments : «De noir/Le pinceau jaloux/M’éclabousse/Chaque fois que tes yeux/Caressent ma blancheur», ou encore : «Ce matin/De rouge cramoisi/Je me suis vêtue/Pour séduire/Le destin». Tout se passe comme si ces couleurs étaient autant de points de repère dans cette exploration obstinée de l’intimité qui se dérobe et refuse de se dire : «Je palpe/Comme une aveugle/Les couleurs de ton âme». Chaque poème, dans sa brièveté, est une tentative qui rayonne de sincérité. Fatiha Morchid émeut avec des mots simples, un goût du dépouillement qui lui vient peut-être de sa formation scientifique (elle est pédiatre), mais qui est tout sauf de la sécheresse et de la pauvreté. Couleurs, sentiments, émotions miroitent sous le fil limpide de sa plume, à la recherche d’images originelles : «Ô mon Dieu / Donne-moi des particules d’argile / Sa tempête m’effrite». Une poésie d’une grande force…

Le journal hebdomadaire du 10 au 16 Mars 2007 N° 293
www.lejournal-hebdo.com

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