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21 - أكتوير - 2017

Youssef ABOUALI

De quoi nous gratifie encore Fatiha MORCHID dans son dernier roman Les Jumeaux, cette Dame belle et élégante, cette âme sensible et généreuse, cette poétesse subtile et profonde ? Fidèle à sa recherche du/ des sens de la vie, elle nous entraine dans une histoire époustouflante où le mal se combine indistinctement au bien, où les idéaux se brisent sur les rocs de la réalité, où l’homme se retrouve, encore et toujours, confronté à un destin implacable, qui se joue de lui, le berce d’illusions et le réveille brutalement.

 

Youssef ABOUALI

De quoi nous gratifie encore Fatiha MORCHID dans son dernier roman Les Jumeaux, cette Dame belle et élégante, cette âme sensible et généreuse, cette poétesse subtile et profonde ? Fidèle à sa recherche du/ des sens de la vie, elle nous entraine dans une histoire époustouflante où le mal se combine indistinctement au bien, où les idéaux se brisent sur les rocs de la réalité, où l’homme se retrouve, encore et toujours, confronté à un destin implacable, qui se joue de lui, le berce d’illusions et le réveille brutalement.

La romancière a choisi pour sa dernière œuvre l’angle très restreint du phénomène médical, social et philosophique que constituent les jumeaux. Un choix réfléchi sans doute, puisque toutes les œuvres romanesques de la poétesse opèrent des coupes transversales dans le corps de la société arabe contemporaine selon des lignes qui s’apparentent à la marge, le cloisonné, le radicalement subjectif pour le ramener au statut du type social.

Les jumeaux se sont en effet accaparés l’attention de plusieurs champs disciplinaires pour lesquels cette singularité est un champ fertile d’investigation scientifique, un domaine à conquérir après des siècles de son appropriation par les sphères de la pensée magique et littéraire. La romancière n’a pas manqué d’intégrer les résultats de ces recherches dans son récit. Elle a romancé le tout pour qu’on y sente que l’odeur enivrante du plaisir d’une histoire ficelée d’une main experte et inspirée.

Bien entendu, on trouve dans ce roman, comme la plupart des romans, une histoire d’amour qui donne à l’ensemble ce charme exquis qui nous pousse à poursuivre la lecture jusqu’à la fin, sans s’ennuyer, sans perdre une miette des délices que propose le texte à notre imagination et à notre raison. Une histoire d’amour qui injecte juste assez de plaisir dans la trame pour la lubrifier et la rendre agréable.

La romancière n’a pas lésiné sur les moyens à cet égard et donne à lire une fable postmoderne qui n’a aucun complexe à exhiber son enracinement élitiste, une fiction bien orchestrée tant au niveau de potentiel narratif de ses personnages qu’au niveau du soin accordé à l’esquisse des leurs profils. On évolue dans un monde d’exubérance intellectuelle et matérielle, de magnificences et de culte du goût et des valeurs supérieures.

Les héros ont un je-ne-sais-quoi de grec. Ils osent faire face à la providence, la combattent avec bravoure et perdent avec honneur. Ils sont face au mur, mais ne tergiversent jamais quant à la magnanimité. Des héros tragiques, à l’apparence actuelle, nonobstant aussi grands et aussi rêveurs que leurs malheureux prédécesseurs helléniques.

Ils sont intelligents, beaux, sensibles, fiers, droits, raffinés, et c’est plaisir de lire leurs répliques courtes, intenses et puissantes, leurs discours plus longs, mais tout aussi percutantes et sensibles. Des intellectuels, des artistes, des viveurs, qui ont l’art d’intercepter les agréments que leur présente la vie, de les savourer, de souffrir ses vacheries, stoïquement, de rester toujours égaux à eux-mêmes, dans la splendeur comme dans la misère.

Et la poéticité de la langue, vaut mieux ne pas en parler ! Notre romancière ne peut être que la poétesse qu’elle est. Son souffle doux et délicieusement chaud est omniprésent. Il pointe du nez au détour des phrases comme des étincelles qui éclairent et se consument, comme un parfum invisible qui s’insinue subrepticement dans les pores de notre esprit, de notre cœur, et nous traine, nous entraîne, nous conduit et nous introduit dans un empire de délectation, un empire où les maîtres sont : esprit, élégance et volupté.

Ce livre mérite d’être lu à plusieurs égards. Si ce n’est pour épier un monde raffiné et clos, c’est pour voir le spectacle du déploiement d’un destin impitoyable, pour lire des idées fortes agréablement conçues, pour apprendre des choses à propos de ce phénomène curieux et mystérieux des jumeaux, pour découvrir une philosophie romancée de la vie, pour voir une lumière originale qui éclaire notre chemin d’homme assoiffé de sens.

Que pourrais-je répondre quand on m’offre le paradis ?

Merci l’artiste !

L’opinion numéro 18095

Mercredi 19 Octobre 2016