تعديل الخط
Please wait while JT SlideShow is loading images...
Étincelle dailleursAs Love is Not EnoughAs Love is Not EnoughTAOU2AMlivhis01livhis02livhis03livhis04livhis07livhis08livhis09livpo017livpo018livpo019livpoe01livpoe02livpoe03livpoe04livpoe05LeDroitDePartirlivpoe05AkaleidoscopeLo que el silencio enmudició
Galleries - الألبومات
Please wait while JT SlideShow is loading images...
Photo Title 1Photo Title 2Photo Title 3Photo Title 4Photo Title 5Photo Title 5Photo Title 5Photo Title 5Photo Title 5Photo Title 5Photo Title 5
Visitors - الزوار
mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter

27 - يونيو - 2017

Rose-Marie François

Au commencement, Bluma Finkelstein, en français avec titres en hébreu et traduction allemande de Rüdiger Fischer, éd. En Forêt, Verlag im Wald.
Quel est ce noir que tu caches, ô arc-en-ciel ? Fatiha Morchid, en arabe avec traduction française d’Abderraham Tenkoul, éd. Marsam.

Deux alphabets sémitiques, à lire de droite à gauche et ornés de points. Je les regarde et dans ma tête ils ne se lisent point. Deux femmes, deux poètes, que je m’imagine face à face. L’une vit à Haïfa, l’autre à Casablanca. On les rencontre à des festivals de poésie, dans leur français appris dont vibrent leurs poèmes, dans leur français conquis.

S’inspirant de la khabbale, Bluma Finkelstein interroge des lettres, des signes et nous ouvre un monde à la fois étrange et, grâce à elle, soudain comme presque à notre portée : « Beyt comme Bayt – maison // Du coup la terre bat la chamade / dans le coeur démesuré du feu primordial. / Son bruit retentit / remplit l’espace / se déverse de la bouche incandescente / de celui dont le souffle / est un vent cosmique en déroute. // La terre est un Bayt pour deux. / […] / Lamed comme Lomed – apprend / Avant peut-être / jadis nulle part partout : mots épousant / la méprise et l’entêtement de la durée. // Le vivant n’est que des particules dispersées / sur la face abrupte d’une planète / courant désoeuvrée / à travers temps et espace / briques d’être à jamais en devenir / tiges d’alphabet en étant d’enfantement. // Tu es le Lamed qui enseigne la perpétuité. »

Fatiha Morchid a pour l’amour les mots de sa chair pulpeuse : « Je t’aime ce matin / Et chaque matin / Je reconquiers de tes doigts / Ma beauté // Je cumule les distances / Pour qu’en toi je voyage / […] / Son silence / Me couvre // Mon verbe / Le dénude / […] / Tu es maintenant / Au bord de la vie // En moi / Tu meurs presque »

Ces deux femmes ont en commun d’être habitées à la fois par l’Europe et l’Orient. On aimerait les entendre dialoguer. Nous reste à relire leurs poèmes – dans la gratitude, ou plutôt : dans la reconnaissance, qui dirait plus l’approche et le retour sur leurs mots choisis. Loin de nous dans l’espace, elles sont proches en poésie. Leur dire, comme Fatiha Morchid : « Te voici / Chahutant l’espace / Par ton absence / bruyante » signifierait que leur voix résonne en nous après les au revoir, shalom et salam aleikem.

Le Mensuel Littéraire et poétique, Janvier 2009 n°362
Le Journal des Poètes, 4/2008 Ref N° 362 Bruxelles, 2008
www.rosemariefrancois.eu

    Précédent