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14 - دجنبر - 2017

 

1-    New York


L’aéroport de New York
Ne se soucie guère des départs

Chaque arrivée
Est un rêve
Naissant


Je n’avais d’autre rêve que de dompter une langue, qui file, sable entre mes doigts à mesure que je tente de la saisir. Se résigner m’étant étranger, je décidai alors, de la provoquer en duel dans ses terres.
Ainsi, me suis je trouvée en partance - avec la détermination d’un Christophe Colomb - vers l’Amérique pour la redécouvrir de mes propres yeux, convaincue que chaque nouveau regard est découverte.

Nuitamment, j’arrivai dans la ville qui ne dort jamais.
Non que cette cité souffre d’insomnie, mais parce qu’ici : « time is money ».
La démesure des boulevards peine à contenir l’encombrement des pas.
Je traine mes pas, et une valise plus lourde que nécessaire, vers l’hôtel.
Je perçois des ombres qui défilent sur un mur gigantesque à une vitesse qui défie la lumière.
« C’est le temps de l’image » déclare Times square.. « C’est le temps des lumières ».

Lumières/ yeux.. yeux/ lumières.. Qui garde la nuit ?

Chaque nuit
New York
Engloutit son passé
Pour demeurer

La reine du présent


Le matin, aux premières lueurs,  défilent sur les trottoirs, des hommes d’affaires - pas pressés et téléphones collés aux oreilles - mêlés aux sans abris qui poussent leur histoire.. Toute leur histoire dans des caddies.
    
New York ne se soucie guère d’Histoire.. Elle  est sa création quotidienne.

Sur les Boulevards, des passants trainent, énorme gobelet à la main, de café américain ou de Capuccino.
New York mange sans gêne dans ses rues,  comme si elles étaient un simple  prolongement de ses maisons, ou comme pour exercer son droit physiologique à exprimer l’un des multiples visages de la liberté.


Entre Blancs Rouges Jaunes et Noirs
Un sentiment d’appartenance m’envahit

Là où tout le monde est exilé
Nul n’est étranger


Un impératif, commencer par la visite du symbole premier de New York : « la statue de la liberté ».

New York vénère les symboles, comme elle vénère les stars et les champions.

Au milieu d’une foule immense, j’ai partagée l’attente, avant qu’une citation de Benjamin Franklin nous ouvre le passage :
« Là ou il ya la liberté.. C’est mon pays ».
Je ne pense pas  qu’un autre endroit aurait été plus digne de la Liberté que celui où majestueusement elle s’est installée.


Les pieds ancrés dans la terre
La main tendue vers le ciel
Les yeux naviguent dans l’océan

Une idée
Qui frôle l’horizon


Non loin de Empire state building sur l’herbe verte de Central Park, New York se repose du vertige des hauteurs. Remplace le froid des ascenseurs, qui  défient les missiles,  par l’intimité des bicyclettes et des calèches. Se libère de quelques habits et offre un corps charnu à la chaleur de la saison. Avale le hot dog et étanche une soif  dépendante du Coca cola, tandis qu’elle admire les corps sveltes des tops models sur les pages de la revue Oprah.


Je m’allonge sur la chaleur verte
Avec l’espoir que le pole glacé du cœur
Fonde
Sous le soleil de la tentation


A mes cotés, un homme d’âge mûr entrain de lire une lettre. C’est du moins ce que je devine, au vu du papier malgré l’absence d’enveloppe, le frémissement des lèvres qui luttent pour retenir une larme prête à couler.
Serait- ce une lettre d’amour, ou une lettre d’adieu, ou les deux à la fois ? Ou serait- ce  la lettre d’un enfant qui a immigré dans le sens inverse de celui empreint par notre jeunesse égarée ? Ou alors, un avis de licenciement, comme il arrive couramment en Amérique où rien n’est jamais acquis ?

Je ne sais pourquoi à ce moment, précisément, me revient en mémoire la correspondance entre Simone de Beauvoir et son amant Américain Nelson Algren.
L’éloignement, parfois attise les sentiments amoureux et d’autres fois conduit au désespoir et à l’abondant.
A croire que, les lettres comme les avions, effacent les distances en les consacrants.
La distance, cette allégation tacite de la géographie.

Je fini par me résoudre à louer un vélo taxi, conduit par un jeune Turc, débarqué en Amérique pour ses études, avant de réaliser que leur coût dépassait ses ambitions. Pour s’affranchir du vertige des hauteurs, il a campé dans le cœur vert de New York, dans l’attente de jours meilleurs.

A New York, les rêves s’assoupissent.. Mais jamais ne dorment.

Mes idées amassées,  j’ai quitté le Parc obéissant à l’appel de la ville. Peu importe où, toutes les destinations me sont nouvelles.


Mon Errance
Ma boussole

M’égarer
Sur un chemin
Par d’autres
Tracé

Réapprendre
A chercher


Je ne cherchais rien de précis, si se n’est l’émerveillement, et il était présent dans tout ce qui m’entourait, sentiment profond d’une « insoutenable légèreté »,  brise emplissant l’espace, pénétrant mes poumons, aérant toutes les cellules de mon corps.
J’ai erré jusqu'à  ce que les lumières, messagères de la nuit, me surprirent.


La nuit de New York
Ressemble à un éveil

Vivants nous étions
Avalions les secondes

Là où c’est un luxe
De gaspiller le temps

Qualifiée de « sans culture », New York les rassemble toutes, en une harmonie rare. On dirait, le monde en miniature dans une toile, symphonie de couleurs.


C’est cela New York : Cité des contradictions harmonieuses.. Puise son équilibre dans sa valse entre les extrêmes.

« Quiconque parle Anglais et paie ses impôts est Américain » dit le président Barak Obama.
Un peuple, que seules la langue et la contribution au développement du pays, réunissent. Ni la couleur de peau, ni la culture ou la religion ne différencient les hommes. Seule la volonté de réaliser son rêve, d’être ce qu’on désire permet de faire la différence.
A New York les rêves poussent, se ramifient, s’amplifient, s’élèvent telles des grattes ciels séduisant les nuages.
Le processus de construction est continu et ne connaît pas de répit.  L’avenir à New York porte tous les jours un habit nouveau, un sens nouveau.
Il faut produire, toujours, et le clamer haut et fort.

La modestie n’est pas une valeur sure en Amérique.

En Amérique les manières changent mais le rêve est le même.. Rêve sans limites...
Réussir, réussir.. Améliorer sa condition continuellement.
 

A New York
Être ce que tu veux ?
Est fort possible

Avoir ce que tu veux ?
Est fort possible

Et possiblement
 Tout perdre

2-    Miami Beach


Des corps étendus, boivent le soleil jusqu'à l’ivresse.
Des corps de différentes formes et couleurs séduisent par leur nudité le blanc du sable.
Et d’autres, projettent leur chaleur dans l’étreinte d’une eau tiède, qui t’attire, t’enveloppe, comme si elle était la sève de la vie.
Est-ce le même océan Atlantique que je chéris et accourt à sa rencontre tous les matins, à Casablanca, pour que sa froideur me brûle les pieds, et qu’un frisson, qui semble nécessaire pour entamer une journée nouvelle, me traverse ?
D’où lui vient toute cette chaleur?
Et d’où me vient cette légèreté  qui me ramène à mes jeunes années ?
Jamais le paradis n’a été si prés.

Le temps abandonne sa course pour n’être plus qu’une simple idée qui flotte sur l’eau.
Et la liberté reconquiert son sens dans une douce caresse infinie.

Sont-ce les bouffées d’iode qui libèrent le souffle de son silence ?
Ou est ce la Vie qui chaque fois qu’elle approche une quintessence en devient la voix ?

Se lève dans le crépuscule la voix d’un prêtre célébrant la noce d’un jeune couple,  avant qu’ils s’embrassent devant un auditoire élégant aux pieds nus :
«  Je vous déclare mari et femme ».
Devant le marié d’origine italienne et son épouse  française, moi la marocaine, je dissimulais une larme derrière mon appareil photo.
Le monde entier, sur la plage, était le témoin d’un rêve venu d’Europe, afin que, le sable de Miami bénisse ses pas.

L’amour à Miami, est à l’image de son climat : chaud et humide, généreux et spontané.
Ici, l’amour est ainsi fait, pour qu’il reste fidele a lui-même, a fait du bilinguisme sa nature. Difficile pour le  visiteur de deviner laquelle des langues est officielle : l’anglais ou l’espagnol?

Et puis, qu’importe,  le langage du  corps est universel.


Fatiha Morchid
Traduit de L’arabe par l’auteur

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